Attention, ce site n'est plus mis à jour.
Le nouveau blog du bulletin :
http://lucioles.noblogs.org

Libellés

Affichage des articles dont le libellé est Numéro 18. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Numéro 18. Afficher tous les articles

Lucioles n°18 - août 2014

http://www.non-fides.fr/IMG/pdf/18_rvb.pdf


Pour télécharger ce numéro au format PDF, cliquez sur l'image ci-dessus. Pour lire le bulletin texte par texte sur ce site, cliquez sur Numéro 18  en haut de cette page. 

Cassons la spirale identitaire !

L'agression militaire à Gaza et plus largement le colonialisme israélien en Palestine sont inacceptables. Mais attention à ne pas tomber dans la simplification et les dérives communautaires.
La plupart des habitants d'Israël ne soutiennent pas les choix de « leur » gouvernement. Comme dans n'importe quel pays en fait. Nombreux sont ceux qui refusent de servir dans l'armée (et pour cela ils mangent cher). La plupart des habitants de la bande de Gaza (ou de la Cisjordanie) sont loin d’être des intégristes qui soutiennent le terrorisme du Hamas en lisant Mein Kampf. Et le longtemps rêvé gouvernement indépendant palestinien, celui de Mahmoud Abbas comme de n'importe qui d'autre, se révèle être ce que tous les gouvernements sont : exploitation, police, prisons.
La plupart des « juifs » de France n'en ont rien à cirer d'Israël et la plupart des « musulmans » de France ne sont pas du tout antisémites. Toutes les personnes qui croient en un dieu ou autres mythes de ce genre (souvent juste parce qu'éduquées à croire en ces vides superstitions) ne sont pas des fondamentalistes aveugles.
Cependant, il y a aussi des énergumènes qui portent et propagent des vieux relents racistes, parfois adoubés de vieux oripeaux religieux. Et à voir les attaques et actes antisémites à Aulnay, Paris, Sarcelles, Valenton, à voir la répression policière de la manif' de Barbes du 19 juillet, à en croire l'alarmisme créé par médias et politiciens, on se croirait au début de la spirale d'une guerre civile. Mais au fait, le racisme, la peur, les fondamentalismes religieux, la guerre entre pauvres, ça sert les intérêts de qui ?

Il y a partout des gens qui s'en fichent des identités qu'on leur a collé dessus, et d'autres qui les acceptent juste parce qu'ils les voient comme « naturelles », sans se poser la question. Ces identités communautaires (religieuses, nationales, ethniques) ne sont, en effet, rien d'autre que des cases dans lesquelles on veut nous faire entrer pour nous faire obéir. Pour mieux nous contrôler, nous exploiter, nous isoler des autres exploités, voire parfois nous faire nous entre-tuer. Le communautarisme et son frère jumeau, le racisme, sont de bons instruments dans les mains de l'autorité. Et ça marche : ils entraînent sur la pente dégueulasse de la guerre entre pauvres.
L'identification avec une catégorie définie par le pouvoir peut être faite par soi-même (« fier d'être ... ») ou par les autres (« sale ... »). Et souvent le fait que quelqu'un soit attaqué car identifié selon une identité supposée fait qu'il se réapproprie cette même identité et la retourne en malsaine fierté (et haine envers les autres, comme le montre bien l'exemple des abrutis de la LDJ). Il y a là une spirale qui ne fait qu'enraciner encore plus le sentiment d'appartenance communautaire et les sales dynamiques qui vont avec. En effet le communautarisme est très souvent accompagné de la peur et de la haine envers ceux qui sont supposés (ou qui se disent) appartenir à d'autres communautés. Ce processus ne fait que renforcer l'identification des personnes selon des lignes d'appartenance que nous n'avons pas choisies, mais qui nous ont été imposées (par l’éducation, le racisme subi, des mobiles psychologiques de « recherche de force »... ). Il ne fait que nous enfermer encore plus dans nos cages.
Ne nous cachons pas, pourtant, derrière le doigt des bonnes intentions. La radicalisation religieuse, et notamment le fondamentalisme islamique de certaines couches des classes populaires, en France, est un problème. Il ne s'agit pas de « liberté » religieuse. Il s'agit d'une autorité, une encore, qui veut en perspective s'imposer à tous. Le flagrant racisme anti-« arabe » d'une partie de la société ne doit pas cacher le développement du fondamentalisme islamique, ni excuser d'autres formes de racisme, comme l’antisémitisme. Et c'est aussi à une partie de l’extrême-gauche d’arrêter de flirter avec des dérives intégristes et antisémites, en espérant récupérer de la visibilité politique.

Arrêtons d’écouter les sirènes religieuses, nationales et communautaires. Qu'on brûle les drapeaux, mais tous. Ceux des agresseurs et aussi ceux « des victimes ». Parce que c'est aussi à cause des drapeaux, du nationalisme, de la religion, qu'il y a des agresseurs et des victimes - et les dominants de n'importe quel côté ne sont jamais parmi ces victimes.

Il faut savoir faire la différence, voir qui sont nos vrais ennemis. Et les vrais ennemis des exploités sont les exploiteurs. Ces derniers justifient aussi leur autorité par la religion, les différentes religions. Les dominants, eux, reconnaissent très bien leurs ennemis. Ce sont les pauvres, tous les pauvres, peu importe s'ils mettent des rosaires, se coiffent de kippas, ou portent des qamis.
Les chefs communautaires, ceux-la mêmes qui, indirectement, montent leurs « fidèles » respectifs les uns contre les autres, se serrent la main, donnent des interviews ensembles quand les choses vont trop loin et menacent leurs intérêts. Et le premier de leurs intérêts, à eux tous, au delà de la petite concurrence sur le partage des secteurs de pouvoir et des parties de la population, est le maintien d'une distinction nette entre une élite qui détient le pouvoir (eux, quelle que soit leur « appartenance ») et des larges masses qui, comme des troupeaux, sont censées suivre leurs bergers respectifs. Et nous on serait vraiment assez cons pour croire à ces fausses identités construites exprès pour nous maintenir soumis ?

Qu'on m'ait enseigné, dans mon enfance, à m'agenouiller le dimanche, le samedi ou le vendredi (et à bosser et obéir les autres jours), c'est bien ça mon problème. Mes ennemis ne sont pas ceux qui ont été éduqués à s'agenouiller un autre jour, mais ceux qui veulent que moi et les autres on continue d'obéir. Les autres personnes qui sont censées rester à genoux sont probablement dans la même situation et ils pourraient devenir mes alliés pour la libération de chacun de nous. Qu'on se mette, enfin, debout. Et on verra clairement que nos ennemis ne sont pas les autres exploités, mais ceux qui veulent nous garder à genoux.

[in italiano]

Brèves - août 2014

• Contre les expulseurs et les exploiteurs... En réponse à l’arrestation d’une dizaine d’anarchistes en Italie, le dimanche 8 juin, 8 distributeurs de banque ont été sabotés à la mousse expansive ou au marteau et deux agences immobilières ont perdu leur vitres, au Pré-Saint-Gervais et à Pantin (93).

•… et contre les engrenages de la société carcérale Les 13 et 18 mai, deux véhicules de ONET Sécurité et de SPIE (participant à l’industrie nucléaire et du contrôle, entre autres avec les caméras de Paris) crament à Paris XIXe et Montreuil. Le 24 juin c’est le tour d’un camion de Bouygues, constructeur (et gestionnaire) de taules et centres de rétention, de partir en fumée à Pantin (93).

• À pieds c’est encore plus écolo ! Fin mai, 27 bus de l’entreprise Keolis, qui d’habitude trimbalent riches et touristes depuis l’aéroport de Roissy jusqu’aux hôtels et vice versa, nous ont quittés... Il ne reste plus que des épaves calcinées, dans le dépôt du Mesnil-Amelot (tiens, juste à côté de la taule pour sans-papiers - est-ce que ces mêmes bus ont aussi emmené des personnes vers l’expulsion ?).   Aux Lilas ce sont trois Autolib’ qui partent en fumée et à Paris 453 Velib’ ont eu leurs pneus crevés (pareil pour 8 véhicules de la Mairie). À pieds, les bobos ! C’est encore plus écolo ! Et quelques pertes pour les entreprises qui, comme JCDecaux, exploitent les détenus.

• Change de taf ! Jeudi 4 juin vers 18h20, un gardien de la prison d’Osny est reconnu dans les rues de Cergy (Val d’Oise) par six individus qui le frappent au visage et caillassent sa voiture avant de s’enfuir. Une juste rétribution pour son travail !

• Amour et Molotov au tribunal - Vendredi 27 juin avant le lever du jour, une poubelle en feu et un cocktail Molotov sont jetés sur le tribunal de grande instance de Créteil, au niveau de la porte métallique servant lors des transferts de détenus. Probablement une déclaration d’amour à la libérté !

• D’un feu deux coups, l’urne et l’école - Le 25 mai ont eu lieu les élections européennes où l’école Roland-Dorgeles située à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) a servi, comme bien d’autres lieux d’encasernement des enfants, de bureau de vote. Mais la nuit suivante, une tentative d’incendie du bâtiment a eu lieu au premier étage, l(es) incendiaire(s) ayant au préalable forcé une issue de secours pour s’introduire dans ce triste établissement.

• ACAB - Personne n’aime les flics et parfois certains le démontrent de façon « chaleureuse ». Ainsi, fin mai, quelques intrépides caillassent la BAC qui est en train d’effectuer un contrôle routier à Athis-Mons (91). Ils tiennent bon aussi face aux renforts des bleus, mais au final trois personnes sont interpellées. Mauvaise soirée aussi pour un équipage de bleus qui s’est aventuré aux Tarterêts, à Corbeil-Essonnes et qui a fini à l’hosto. Toujours en cette fin de printemps les keufs s’en sont sortis avec bien de la peine des multiples guets-apens qui ont émaillé le quartier de l’Oly, à Montgeron (91).
À Gennevilliers (92) dans le quartier du Luth, un jeune de 15 ans est arrêté en train d’essayer d’incendier deux pelles mécaniques sur un chantier (les flics l’auraient repéré grâce à des caméras de surveillance). Peu après sa sortie de garde à vue le vendredi 23 mai, il est de nouveau arrêté en train de caillasser des flics avec un ami. C’est apparemment en réponse à ces arrestations que quelques personnes auraient tiré au mortier sur le commissariat dans la soirée. Face aux flics, pas d’attaque sans réponse !

• C’est le 14 juillet, vise les poulets ! Pour la fête du 14 juillet, des tirs de mortier ont pris pour cible le commissariat du XIIe à Paris, ainsi que celui de Choisy (94). À Argenteuil, les réjouissances ont duré trois nuits, avec feux de poubelles, pétards, tirs de mortier et jets de pierres contre la flicaille, dans le Val d’Argent et d’autres quartiers. À Villeneuve-la-Garenne c’est un feu de pallettes qui attire les bleus, de même qu’un feu de poubelles à Villiers-sur-Marne... et vlam ! Dans leurs gueules ! Une vingtaine de voitures sont cramées dans l’Essonne, tandis qu’à Gennevillers c’est une école qui s’embrase...

[auf Deutsch]
[in english]

La prison de La Santé vidée... pour mieux enfermer

La prison de la Santé vient d'être vidée de ses 920 prisonniers... une bonne nouvelle ? Pour sûr non, car les détenus, ils ne les ont bien sûr pas libérés, mais transférés dans d'autres maisons d'arrêt, principalement Fresnes (94) et Fleury-Mérogis (91), d'autres dans le tout nouveau centre pénitentiaire d'Orléans-Saran par exemple, bien souvent plus loin de leurs proches.

Mais les gestionnaires du monde carcéral comptent remplir de nouveau cette dernière taule parisienne après une réhabilitation de ses bâtiments : les architectes parlent de « rupture avec l'aspect actuel très oppressant »... comme si des murs plus nets et moins humides pourraient faire que les prisonniers se sentent « moins enfermés » ?! Il est sûr que des murs plus que pourris, des douches cassées, le froid et autres joyeusetés des vieilles prisons ne font que rajouter à l'humiliation mise en place pour mater les personnes enfermées et les faire revenir plus docilement dans ce qu'ils définissent comme le droit chemin. Mais n'allez pas croire que les constructeurs et rénovateurs de prisons ont pour but le confort des prisonniers... sinon pourquoi enfermer ainsi des individus comme on enferme tout aussi sournoisement les animaux d’élevage ? Il est clair que le but du système carcéral n'est pas d'enfermer pour enfermer, pour éloigner plus ou moins momentanément certaines personnes du reste de la société : cet enfermement a pour but de remodeler (ou juste venir à bout de) la personnalité des détenus, de les dompter, les « convaincre » par l'humiliation et la peur de se soumettre aux règles de l'ordre social, comme le montre bien l'attention toujours croissante à la « réinsertion » : car évidemment, ce que veulent juges et politiciens, ce n'est pas libérer des « fauves » aigris et hargneux décidés à venger leur souffrance, mais des moutons résignés et obéissants, à qui on a appris que la vie c'était celle qu'on « gagne » au turbin, métro-boulot-dodo.

C'est donc pour rendre les prisons à la fois plus acceptables aux yeux de tous, principalement des défenseurs des « droits de l'homme » (comme si l'enfermement dans une cage dorée permettait de conserver toute sa dignité !), mais aussi plus efficaces pour façonner des moutons et non des fauves, que l'on rénove les prisons, certainement pas pour le bien des prisonniers.

Le projet de réhabilitation de la Santé compte parmi ses maîtres-mots l'« amélioration des conditions de travail pour le personnel pénitentiaire » : sachant que plus de sécurité pour les matons, ça veut dire, pour eux, plus de tours de clé, plus de surveillance, donc encore plus de restrictions pour les encagés. Car comme pour tous les défenseurs de ce monde de merde, leur sécurité, c'est notre plaie.

En bref, les travaux dureront normalement jusqu'en 2018. D'ici-là, seul le centre de semi-liberté (entre taf et taule, toujours enfermés) comprenant une centaine de places et déjà récemment rénové restera « ouvert ». La gestion du projet en Partenariat Public-Privé et la recherche d'entreprises prêtes à mener les travaux a été à la charge de l'APIJ (Agence Publique pour l'Immobilier de la Justice). Et les détails des travaux n'ont pas encore été dévoilés, on a seulement pu entendre parler d'une capacité finale de 800 places (dont 100 en semi-liberté) avec davantage de cellules individuelles, et plus globalement d'une « modernisation des conditions de détention » et du « développement de dispositifs de réinsertion active des détenus ». Quant aux entreprises du bâtiment, architectes et banques collabos de ce projet, leurs noms ont été rendus publics par l'APIJ [voir encadré].

Et pour couronner le tout, les rénovateurs devront veiller à préserver « la symbolique particulière et la valeur patrimoniale de cet établissement »... la symbolique d'une prison... d'autant plus d'une vieille prison, que l'on se souvienne à quel point est tenace cette obsession d'enfermer les récalcitrants... pour nous rappeler qu'il est toujours plus que temps d'en finir avec cette torture ?

Entreprises de construction ou de rénovation, tous ceux qui travaillent à la machine à enfermer sont complices du système carcéral, ne les laissons pas en paix !

Tout le monde dehors !

PS : Et pour bien se foutre de la gueule du monde et montrer une façade de transparence aux curieux qui oseront s'y aventurer de leur plein gré, le personnel pénitentiaire fera visiter la prison de la Santé au public pendant les travaux lors des journées du patrimoine, en septembre prochain !




Constructeurs (et mandataires) :
GTM Bâtiment, du groupe Vinci, des constructeurs de taules chevronnés (CP de Draguignan, rénovation des Baumettes à Marseille, CP de la Polynésie, à Tahiti, CRA du Mesnil-Amelot)

(Futurs) gérants :
Gepsa (du groupe GdF-Suez ; cf. Lucioles n° 9)

Architectes :

PIERRE VURPAS & ASSOCIÉS ARCHITECTES
29-31 rue Saint Georges 6
9005 Lyon
Tél. 04 72 40 95 55

Ils ont aussi dessiné le Palais de Justice de Lons-les-Saunier, les EPM (prisons pour mineurs) de Quiévrechain, Meyzieu et Chauconin.

A.I.A. Architectes
23, Rue de Cronstadt, 75015 Paris
Tél : 01 53 68 93 00
(et autres adresses un peu partout en France)

Banque de financement :

Barclays Bank, qui finance aussi la construction (toujours en PPP) des prison de Beauvais, Valence (Drôme), Lutterbach (Haut-Rhin) et Riom (Puy-de-Dôme) [cf. Lucioles n° 9]

Frapper là où ça fait mal


Au petit matin du mercredi 23 juillet, un incendie s’est déclenché dans une installation de la SNCF (un poste d’aiguillage), à Vitry-sur-Seine (94). Pas si étonnant que ça : si on lit les faits divers sur les torchons locaux on trouve souvent des épisodes de ce genre. Accident technique, manque d’attention de la part du personnel, chaleur (?)… Ou bien malveillance. L’acte de quelqu’un qui voulait peut-être juste s’amuser, ou bien qui voulait peut-être défouler sa juste rage contre un rouage de ce monde – et pas des moindres, dans ce cas précis ! Donc, un acte fait «  à chaud  », sans beaucoup de préméditation, peut-être sans trop se demander ce qu’était ce bâtiment ? Où bien l’alternative qui pourrait le plus inquiéter la SNCF et les flics : celui ou celle qui tenait le briquet savait très bien de quoi il s’agissait et connaissait les possibles conséquences ?

Enfin, tout ce qu’on sait sur cet incendie et son origine nous est dit par les journaux – donc les flics. Et, bien sûr, ils n’aiment pas du tout que quelqu’un s’intéresse trop à leurs affaires.
Parce qu'un poste d’aiguillage, c’est une cabine où il y a les dispositifs qui règlent la circulation sur un secteur du chemin de fer. La remise en sécurité du poste de Vitry a nécessité l’interruption de l’électricité sur les caténaires d’alimentation aussi. Tous les trains et RER au départ ou à l’arrivée de Gare d’Austerlitz (qui est directement en amont de Vitry) ont donc été supprimés mercredi 23 et pendant une partie du jeudi 24.
À Ville d’Avray (92), fin février 2013, un fait similaire avait été encore plus « efficace » (bien que sur une ligne moins importante). Là aussi, un incendie (accidentel, si on veut croire la SNCF) avait détruit « les installations électriques et informatiques commandant les feux de signalisation, les aiguillages et les systèmes de sécurité » [Le Parisien]. Pendant plusieurs semaines aucun train n’a circulé sur la ligne U et une partie de la L du Transilien.
Mais il n’y pas que les postes d’aiguillage… De gros problèmes de circulation, notamment des TGV, sont survenus dans la région de Chambéry, début mars 2012. À différents endroits (en pleine nature), des câbles longeant les rails avaient été brûlés (ce sabotage avait été effectué en solidarité avec des opposants à une nouvelle ligne TGV emprisonnés en Italie). Qui a bonne mémoire se souviendra aussi de la pagaille qu’il y a eu à Gare du Nord suite à un « petit feu » dans le boîtier d’une installation de signalisation début mai 2008. Pendant quelques heures, environ 300 trains, des RER jusqu’aux TGV à destination de l’Europe du Nord, avaient été bloqués.

Ce qui pourrait être intéressant de retenir de ces petits faits divers, c’est que toute structure matérielle – le réseau du chemin de fer, par exemple – a des points faibles. Le même type d’événement (un accident, un sabotage) peut produire des séquelles plus ou moins importantes, selon l’endroit où il se produit. Tout réseau présente des points précis, des nœuds, qui, mis hors services, pourraient engendrer de grosses conséquences sur l’ensemble, peut-être (pourquoi pas ?) jusqu’à atteindre une espèce d’« effet domino ».
Les réseaux qui font marcher ce monde (ceux qui transportent des personnes, des marchandises, de l’énergie, des informations…) s’étendent un peu partout sous nos pieds, sur nos têtes, à côté de chez nous, dans plein de boîtiers à tous les coins de rue, souvent loin des yeux indiscrets des flics et des caméras.

A toutes celles et ceux qui savent regarder...

[auf Deutsch]
[in italiano]
[in english]