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Avec un beau sourire… La RATP contrôle et réprime
Métro
et bus ne sont pas des lieux sûrs pour les pauvres. Les contrôleurs
traquent les fraudeurs, des hordes de flics de différents uniformes
pourchassent les personnes qui n’ont pas les bons papiers ou un
toit sous lequel se poser. Et il y en a même, parmi ces sales
sbires, qui se plaignent parfois lorsque quelqu’un ose réagir. Sur
un des mille blogs qui infestent le monde virtuel, un contrôleur
RATP se lamente d’avoir été victime d’une « agression
physique et verbale ». Par un parallèle parlant entre
contrôleurs et flics, il déplore l’agressivité diffuse envers
eux et, plus généralement, tous ceux qui portent un uniforme. Notre
très perspicace guignol suggère à la RATP de « faire
une campagne sur les contrôleurs », de façon à ce que les
gens les accueillent « avec un beau sourire » !
Certes, tous ceux et celles, de plus en plus nombreux, qui fraudent
métro, tram et bus partageront l’idée d’une campagne (de
dératisation !) contre les contrôleurs. C’est une simple et
sincère haine viscérale envers les larbins de la RATP, qui nous
harcèlent pendant les déplacements auxquels nous sommes
généralement contraints. Mais le rôle de la RATP et de ses
semblables dans le fonctionnement de ce monde n’est pas des
moindres.
La
Régie
autonome des transports parisiens
est l’entreprise d’Etat qui a pour tâche de trimbaler de droite
à gauche, de leurs dortoirs-cages à lapins aux lieux où ils
doivent bosser ou consommer, aller-retour, les habitants de la région
parisienne, notamment les pauvres. D’ailleurs, les énormes (et
toujours plus envahissants) espaces publicitaires dans les transports
en commun en font un lieu privilégié de la prédisposition à la
consommation. Dans une métropole qui n’est guère faite à la
mesure des individus, mais en fonction du cycle
production-consommation et du contrôle du troupeau humain, les
transports en commun sont primordiaux. A côté des transports de
marchandises et matières premières, d’énergie et d'informations,
il est également nécessaire de déplacer cette espèce particulière
de matière première et de marchandise que sont les travailleurs et
les consommateurs. Voilà donc la RATP et les autres gérants des
transports (la SNCF, les compagnies aériennes et les gérants des
aéroports, etc.). Tous essayent de nous vendre le mythe de la
« liberté de mouvement ». Mais la gentille expression
« métro-boulot-dodo » devrait être remplacée par une
plus correcte : « produit-consomme-obéit », où les
transports en commun sont les tirets entre les mots.
Obéir.
N’oublions pas, en effet, l’autre aspect fondamental de la
gestion des transports, celui du contrôle et de l’éventuelle
répression. Métro, bus et tram sont littéralement remplis de
caméras de surveillance. A Paris, la RATP dispose de 8200 caméras
dans les métros et RER, auxquelles il faut ajouter les 18 000
embarquées à bord des 4300 bus. A ces vidéos ont accès le centre
de contrôle de la RATP et aussi, automatiquement, les keufs de la
Brigade des réseaux ferrés. En temps normal, les vidéos sont
conservées 72 heures, mais une fois qu’elles sont réquisitionnées
par la police il n’y a plus de limites. De plus, les cartes RFID,
comme le Pass Navigo, enregistrent et conservent une trace de tous
les déplacements de leurs utilisateurs. Et que dire des contrôleurs
et agents de sécurité qui sévissent dans les stations ? Ce
n’est pas un hasard si la RATP est un important rouage de la
machine à enfermer et expulser des sans-papiers. Aux contrôles au
facies suit très souvent l’appel des flics, qui embarquent ces
personnes (car l'absence des bons papiers est bizarrement souvent
associée au manque de thunes, donc de billet !). Du coup,
l'absence de ticket se solde par la case Centre de rétention,
parfois en passant par celle du tabassage de la part des molosses de
la RATP Sûreté ou des flics, toujours par celle de l’humiliation
prodiguée par les deux.
Contrôle
et répression sont un ensemble de structures physiques et
organisationnelles et de rapports sociaux. Il ne s’agit pourtant
pas d’entités abstraites. Ils s'appuient sur des outils bien
concrets (caméras, portiques…) et surtout sur l’œuvre parfois
effrayante et exemplaire mais bien plus souvent anodine et
quotidienne d’hommes et de femmes. Lorsqu'on utilise les transports
en commun on ne peut pas éviter d'y voir des uniformes. Sur le
réseau exploité par la RATP, on trouve en service environ 1200
contrôleurs « normaux », on ne sait pas combien d'agents
CSA (Contrôle Sécurité Assistance, mi-vigiles mi-contrôleurs,
ceux en gilets vert) et un millier d’agents du GPSR (Groupe de
protection et de sécurisation des réseaux, les cow-boys de la RATP
Sûreté). Et si on doit prendre des lignes de lointaine banlieue,
celles gérées par la SNCF, on y croise d’autres contrôleurs et
d’autres mercenaires, les quelques 1200 agents de la SUGE (la
Sûreté ferroviaire). Et est-ce qu’il y a besoin de dire qu’il y
a aussi plein de flics ? 1200 chtars de la Brigade des réseaux
ferrés (SDRPT
Sous-direction
régionale de la police des transports) sont affectés au réseau
d'Île-de-France. La BAC patrouille elle aussi dans le métro, dans
les bus ou encore se poste juste à la sortie des stations, comme le
font la BST à Belleville ou les CRS à Barbès. Contrôleur ou agent
de sécurité, ce sont des métiers pour lesquels il n’y a pas de
crise. La RATP les recrute en permanence. Les spécificités
demandées pour devenir contrôleur ? Ne jamais avoir eu de
problèmes avec la justice (c’est-à-dire être un bon citoyen,
prêt à collaborer avec le Pouvoir), être capable de regarder un
billet, de filer une amende, d'emmerder les pauvres. Ils appellent ça
la « maîtrise du territoire ». C’est simple, il suffit
d’être un lâche ordinaire. Par contre, pour devenir un nervi du
GPSR il faut être bien costaud, un vrai gorille (l’agressivité
qui va avec mais l'intelligence et l'empathie du primate en moins).
Leur tâche est en effet d’« assurer en collaboration avec la
police la mission de sécurisation sur les réseaux de la RATP ».
La chasse aux pauvres, quoi. Du coup, ces mercenaires sont en
uniforme bleu d’« ordre public », assermentés et
armés. On les voit exhiber tonfas, gazeuses et flingues. Les
bouffons de la presse croient nous impressionner en disant que le
niveau de prestation physique qu'on demande aux agents du GPSR est
équivalent à celui des super-flics du GIGN. Mais est-ce que ces
lèche-culs se souviennent de l’émeute qui a eu lieu à la Gare du
Nord fin mars 2007, quand les chiens de la RATP ont couru se cacher
derrière les keufs (qui en ont morflé) ? Leur sale besogne
leur rapporte 1650€ bruts (hors primes) pour 13 mois pour les
contrôleurs en début de carrière, et 1800€ pour les mercenaires
du GPSR.
Face
aux contrôles dans les transports en commun, on peut sentir une
méfiance et une défiance épidermiques diffuses : ce sont des
emmerdeurs, qu’ils nous lâchent. D’accord, mais il ne s’agit
pas seulement de ne pas payer les transports. Il faut aussi faire
payer ceux qui nous transportent comme des objets ou du bétail à
l’abattoir de ce monde de merde. Il faut, et c’est possible,
mettre un grain de sable dans le bon fonctionnement des transports.
Tout en n’oubliant pas que la RATP (et la SNCF etc.), comme toute
structure d’exploitation et de répression, est faite de plein de
petits rouages : bâtiments, véhicules, ameublement, portiques,
machines, caméras, écrans… et êtres humains. Surtout des êtres
humains. Et parmi eux il y en a certains, comme les contrôleurs et
les agents de sécurité, qui ont bel et bien choisi (et qui
l’affirment) leur rôle de flicaille. Il s’agit d’individus qui
ont fait et font des choix, et en portent la responsabilité. Ils ont
un nom et une tronche.
De
notre côté, si être pauvre n’est presque jamais un choix, avoir
pleine conscience de la guerre sociale en cours et y prendre partie,
ne pas se résigner, mais reconnaître et viser les différents
ennemis, c'est bien un choix, ça aussi.
Voilà
donc quelques raisons en plus de s’en prendre aux contrôleurs et
agents de sécurité. Ils font un taf de flics, ils se croient flics,
qu’on les traite comme ils le méritent ! Bien sûr, avec un
beau sourire...
Brèves - juin 2013
• Ni
démocratie, ni fascisme ! •
Une
semaine après l’assassinat d’un camarade à Paris par des
fascistes, une semaine après la très démocratique rafle policière
de Barbès [cf. page 2], le distributeur de billets d’une
banque a cramé à Montreuil (93), la vitre de la section PS du
Pré-St Gervais (93) a été transpercée sous les coups, le QG du
Front de Gauche situé aux Lilas (93) a été entièrement recouvert
de tags. Sur les deux locaux et les murs du quartier, on pouvait
notamment lire :« Charognards », « ni 6e
République, ni fascisme : révolution ! ». Ni
démocratie, ni fascisme ! A bas l’Etat et le capital !
• 1,70€
•
Dimanche
9 juin, peu après minuit, un gars saute un tourniquet dans la
station de métro Châtelet. Il se fait repérer par les keufs de la
Brigade des réseaux ferrés, qui essayent de le choper. Il résiste
et se sauve. Les flics lui donnent un coup de Taser et le mec tombe
dans un escalator, se blessant gravement à la tête. Il est ramené
à l’hôpital entre la vie et la mort. Pour les porcs en bleu et la
RATP, la vie d’un pauvre vaut donc 1,70€.
• Encore
un mort en prison •
Le
20 mai, un homme s’est suicidé à la prison de la Santé. Depuis
son incarcération en janvier 2012, il avait déjà essayé à deux
reprises de se couper les veines. Il est une des environ 100
personnes qui se tuent chaque année dans les prisons françaises.
Bien que le suicide puisse parfois être un acte de liberté, en
réalité c’est la prison qui les a tuées. Cet homme, comme tous
les autres, est la victime d’un meurtre commis par la Justice et
ses juges, l’Administration Pénitentiaire et ses matons. Vengeance
!
• Splash
! •
Les
rodéos en voiture (ou en moto) c’est plus amusant quand on prend
les chtars comme quilles. C’est ce qu’ont dû se dire les gars
qui, le 17 mai à Gonesse (95) et un mois plus tard à Compiègne
(60), ont renversé deux flics qui voulaient interrompre leur jeu.
Mal leur en a pris ! Le premier, un gendarme, a chopé un traumatisme
crânien, le deuxième, de la municipale, 5 points...hem, jours
d’ITT. Gonesse gagne. Au prochain de jouer !
Lettre d'amour aux émeutiers de Stockholm
« Le feu est la réunification de la matière en liesse. Si on garde cela en tête, chaque incendie doit être considéré comme une réunion, un motif de réjouissance chimique. Fumer un cigare, c’est mettre fin à une longue séparation ; faire brûler un poste de police, c’est rapatrier des milliards de molécules en liesse. »
Pendant
cinq nuits au moins, les ghettos de pauvres de Stockholm et des
alentours se sont embrasés. Comme souvent, l’étincelle qui a mis le feu à
la poudrière fut un assassinat policier. Comme lors des mémorables
nuits de novembre 2005 en France ou de Villiers-le-Bel en 2007,
d’Athènes en décembre 2008 ou encore celles d’août 2011 en Angleterre et
celles plus insurrectionnelles encore qui frappent la Tunisie, l’Egypte
ou la Syrie depuis plus d’un an maintenant et dans les dernières
semaines en Turquie. Comme à chaque fois, notre solidarité va à tous
ceux qui prennent la rue pour en faire baver aux flics et aux
institutions qu’ils réussissent à se mettre sous la dent. Elle va à
toutes celles et ceux qui, le courage au cœur et la résignation en
berne, face à la médiocrité et l’ennui que nous offre ce monde de merde
et ses faux-choix entre travail et chômage, école et prison, allument la
nuit avec joie et vengeance.
Flics caillassés, commissariats défoncés, une centaine de voitures réduites en cendres, écoles cramées, bref, des vacances en plus pour les indésirables. Et pendant quelques instants, l’inversion de la balance, quand ce sont les flics et les bourges qui deviennent indésirables et que la peur change de camp. Et tout cela, au cœur même de la social-démocratie modèle, la meilleure élève de la classe du concert des proprets Etats démocratiques. La Suède et son modèle économique et social si parfait, mais ça, c’était avant que les masques ne tombent.
Dictature ou démocratie, il n’y a pas de meilleur mode de gouvernement et il n’y a pas de « moins pire » qui puisse nous satisfaire parce que nous ne voulons plus êtres gouvernés et nous ne voulons plus de leur paix, car elle ne signifie que notre misère et notre domestication. Emeutiers de Stockholm, comme tant d’autres avant vous, vous avez visé juste, vous vous êtes attaqués aux outils de notre domination. Vous avez prouvé que tant que l’humain se condamnera à vivre sous le règne de l’économie et de la domination, il n’y aura de possibilité émancipatrice que dans la destruction et la propagation du désordre.
Flics caillassés, commissariats défoncés, une centaine de voitures réduites en cendres, écoles cramées, bref, des vacances en plus pour les indésirables. Et pendant quelques instants, l’inversion de la balance, quand ce sont les flics et les bourges qui deviennent indésirables et que la peur change de camp. Et tout cela, au cœur même de la social-démocratie modèle, la meilleure élève de la classe du concert des proprets Etats démocratiques. La Suède et son modèle économique et social si parfait, mais ça, c’était avant que les masques ne tombent.
Dictature ou démocratie, il n’y a pas de meilleur mode de gouvernement et il n’y a pas de « moins pire » qui puisse nous satisfaire parce que nous ne voulons plus êtres gouvernés et nous ne voulons plus de leur paix, car elle ne signifie que notre misère et notre domestication. Emeutiers de Stockholm, comme tant d’autres avant vous, vous avez visé juste, vous vous êtes attaqués aux outils de notre domination. Vous avez prouvé que tant que l’humain se condamnera à vivre sous le règne de l’économie et de la domination, il n’y aura de possibilité émancipatrice que dans la destruction et la propagation du désordre.
Et le désordre est fertile...
Paris, le 6 juin 2013 dans l’après-midi
14h : Plusieurs dizaines de cars de flics
en tout genre prennent position tout autour de Barbès et de sa
fameuse ZSP (zone de sécurité prioritaire). Ils ferment les rues
avec les camions et raflent au faciès des vendeurs à la sauvette,
sans papiers et pauvres en tout genre.
16h25 : Certaines rues sont débloquées pour laisser l’accès aux sorties d’école ce qui laisse croire que l’opération est terminée. Mais plusieurs personnes sont prises au piège par des groupes de flics en civils réussissant à se fondre dans la population et à continuer les interpellations. Les personnes arrêtées sont ramenées menottées dans les bus d’embarquement stationnés sous le métro.
17h : Passage du Havre un rassemblement appelé par des proches et des camarades de Clément Méric est organisé. Il regroupe plusieurs milliers de personnes venues se recueillir à l’endroit de son assassinat par des fascistes la veille au soir.
18h : Toute la journée les politiciens de tout bord se sont succédés dans les médias. Certains se retrouvent au micro place Saint Michel, pour le rassemblement appelé par le parti de gauche rejoint par toute une clique politicienne allant des centristes à l’extrême gauche.
Heureusement certains ne parviendront pas à intervenir, hués par une foule pas dupe. En effet, ceux-là mêmes qui planifient et organisent la chasse aux sans-papiers veulent aussi récupérer la mort d’une personne qui de par ses engagements luttait contre le racisme. C’est le grand jeu de la récupération politicienne où l’on nous explique que pour lutter contre le fascisme il faut constituer un front commun et défendre la démocratie. Fascisme et démocratie sont les deux faces d’une même pièce, deux modes de gestion de l’Etat qui font prospérer le capitalisme.
20h : Plusieurs centaines de personnes partent en manif sauvage et traversent la capitale criant « d’Istanbul à Paris, à bas l’Etat, les flics et les fachos » en direction du local de l’œuvre française, groupuscule fasciste. Le cortège laisse des traces de son passage : poubelles renversées, tags, autocollants, vitrines de banques martelées…
20h30 : Des personnes se retrouvent devant le commissariat de Clignancourt pour visibiliser le départ des personnes raflées vers le centre de rétention. Les coups de matraques et leur petit nombre ne les empêcheront pas d’exprimer leur solidarité.
Face aux rafles, aux violences d’Etat, aux violences fascistes, aux charognards et à la résignation exprimons notre colère dans la rue ! Faisons en sorte d’entraver concrètement le travail des flics, opposons-nous aux expulsions et ne laissons pas les fascistes et leurs idées envahir l’espace et pourrir nos vies. Organisons-nous pour s’attaquer à toutes les formes de dominations et tendre vers la liberté.
Contre les flics et les fascistes, mort à l’Etat et au capitalisme.
16h25 : Certaines rues sont débloquées pour laisser l’accès aux sorties d’école ce qui laisse croire que l’opération est terminée. Mais plusieurs personnes sont prises au piège par des groupes de flics en civils réussissant à se fondre dans la population et à continuer les interpellations. Les personnes arrêtées sont ramenées menottées dans les bus d’embarquement stationnés sous le métro.
17h : Passage du Havre un rassemblement appelé par des proches et des camarades de Clément Méric est organisé. Il regroupe plusieurs milliers de personnes venues se recueillir à l’endroit de son assassinat par des fascistes la veille au soir.
18h : Toute la journée les politiciens de tout bord se sont succédés dans les médias. Certains se retrouvent au micro place Saint Michel, pour le rassemblement appelé par le parti de gauche rejoint par toute une clique politicienne allant des centristes à l’extrême gauche.
Heureusement certains ne parviendront pas à intervenir, hués par une foule pas dupe. En effet, ceux-là mêmes qui planifient et organisent la chasse aux sans-papiers veulent aussi récupérer la mort d’une personne qui de par ses engagements luttait contre le racisme. C’est le grand jeu de la récupération politicienne où l’on nous explique que pour lutter contre le fascisme il faut constituer un front commun et défendre la démocratie. Fascisme et démocratie sont les deux faces d’une même pièce, deux modes de gestion de l’Etat qui font prospérer le capitalisme.
20h : Plusieurs centaines de personnes partent en manif sauvage et traversent la capitale criant « d’Istanbul à Paris, à bas l’Etat, les flics et les fachos » en direction du local de l’œuvre française, groupuscule fasciste. Le cortège laisse des traces de son passage : poubelles renversées, tags, autocollants, vitrines de banques martelées…
20h30 : Des personnes se retrouvent devant le commissariat de Clignancourt pour visibiliser le départ des personnes raflées vers le centre de rétention. Les coups de matraques et leur petit nombre ne les empêcheront pas d’exprimer leur solidarité.
Face aux rafles, aux violences d’Etat, aux violences fascistes, aux charognards et à la résignation exprimons notre colère dans la rue ! Faisons en sorte d’entraver concrètement le travail des flics, opposons-nous aux expulsions et ne laissons pas les fascistes et leurs idées envahir l’espace et pourrir nos vies. Organisons-nous pour s’attaquer à toutes les formes de dominations et tendre vers la liberté.
Contre les flics et les fascistes, mort à l’Etat et au capitalisme.
A bas la France
A BAS LA FRANCE.
Parce que nous n’oublions aucune de ses horreurs, parce que ses
massacres et ses bombardements qu’ils soient humanitaires,
colonialistes, nationalistes, pour du pétrole ou pour son honneur nous
ont exterminés, nous ont fait croire qu’il n’était plus possible de
choisir la rébellion. Nous lui crachons dessus, nous nous essuyons avec
son drapeaux, nous dégueulons sa marseillaise, nous brûlons ses
postes-frontières et nous profanons ses sanctuaires et ses idoles
tachées du sang de nos frères et sœurs apatrides.
A BAS TOUTES LES NATIONS ET LES FRONTIÈRES.
Parce que la prétendue appartenance nationale n’est pas innée, mais
enseignée à coup de servitude, parce que c’est un concept religieux, on
est français, tunisien, portugais ou malien exactement comme on est
chrétien, musulman ou juif, et on vote exactement comme on va à la
messe. Parce que c’est au nom des nations que riches et puissants
d’endroits différents mais tous de la même puanteur, se font la guerre à
coup de chair à canon. A bas toutes les frontières, parce que, comme
toutes les autres normes, elles définissent les indésirables et elles
séparent les bonnes des mauvaises graines, français ou immigré, avec ou
sans papiers, barbare ou civilisé. C’est en leur nom que chaque jour,
l’ordure étatique et policière et les collaborateurs de la machine à
expulser raflent, enferment, expulsent et tirent à vue le long des
lignes de démarcations étatiques.
A BAS TOUS LES POLITICIENS. Parce ce sont eux qui administrent la si banale apocalypse permanente dans laquelle nous vivons depuis des siècles, passant des mains des maîtres à celles des curés puis des propriétaires pour finir sous la coupe de la marchandise et du contrôle diffus. Car que ce soit à coup de frappes chirurgicales, de matraque, de justice, de guerres propres ou de paix sale, de prison et de turbin, de camps humanitaires, de concentration ou d’extermination, de référendum, de beaux discours ou de bombes atomiques, les politiciens n’ont pour seul but que de maintenir leur pouvoir et de l’étendre, se concurrençant les uns les autres pour la mainmise sur le bétail du parc humain.
A BAS LA RÉSIGNATION. Parce que la liberté n’apparaîtra pas miraculeusement, parce que le capitalisme ne s’effondrera pas tout seul, parce que ceux qui tombent sur les lignes de front de la guerre sociale ne doivent pas rester seuls face aux juges et autres croque-morts de ce monde, parce qu’il ne sert à rien de se plaindre et que nous ne voulons plus être des victimes, parce qu’il n’y a qu’une seule entité réelle, la terre, et que dans les conditions qui nous y sont faites, il n’y a qu’une seule façon d’y vivre : à couteaux tirés avec ce monde de fric, de prison, de pouvoir, de contrôle, de médiocrité et d’ennui.
Dans cette guerre sociale, n’écoutons plus les sirènes
nationalistes et politiques, car comme les feuilles, les promesses
tomberont l’automne venu.
Dans un monde où toute liberté est désordre sauf celle de consommer et
de choisir son maître, il n’y a rien à défendre, mais tout un ordre à
attaquer partout où il se trouve.
Que nos passions détruites se transforment en passions destructrices
[Affiche trouvée sur les murs de Paris, avril 2013.]
A BAS TOUS LES POLITICIENS. Parce ce sont eux qui administrent la si banale apocalypse permanente dans laquelle nous vivons depuis des siècles, passant des mains des maîtres à celles des curés puis des propriétaires pour finir sous la coupe de la marchandise et du contrôle diffus. Car que ce soit à coup de frappes chirurgicales, de matraque, de justice, de guerres propres ou de paix sale, de prison et de turbin, de camps humanitaires, de concentration ou d’extermination, de référendum, de beaux discours ou de bombes atomiques, les politiciens n’ont pour seul but que de maintenir leur pouvoir et de l’étendre, se concurrençant les uns les autres pour la mainmise sur le bétail du parc humain.
A BAS LA RÉSIGNATION. Parce que la liberté n’apparaîtra pas miraculeusement, parce que le capitalisme ne s’effondrera pas tout seul, parce que ceux qui tombent sur les lignes de front de la guerre sociale ne doivent pas rester seuls face aux juges et autres croque-morts de ce monde, parce qu’il ne sert à rien de se plaindre et que nous ne voulons plus être des victimes, parce qu’il n’y a qu’une seule entité réelle, la terre, et que dans les conditions qui nous y sont faites, il n’y a qu’une seule façon d’y vivre : à couteaux tirés avec ce monde de fric, de prison, de pouvoir, de contrôle, de médiocrité et d’ennui.
Parce qu’on ne peut entrer dans un monde meilleur autrement que par effraction.
Pour un monde sans Etats, ni patries, ni frontières, ni prisons, ni nations.
Mauvaises rencontres ?
En mai dernier, la
préfecture de police organisait dans plusieurs collèges de Paris
une opération de prévention des « risques de mauvaises rencontres
sur la voie publique ». Un communiqué de la préf nous explique
avec gravité que « les ados sont de plus en plus autonomes et
effectuent les déplacements du domicile au collège sans être
accompagnés ». L'autonomie, ce fléau capable de remettre en cause
à lui seul l'idée même de police... Des flics en uniforme sont
donc retournés à l’école pour éviter le drame, ce qui, nous
direz-vous, ne changera pas beaucoup des profs pour ces bagnards à
cartables que sont les collégiens. Déjà obligés de se lever tôt
le matin pour apprendre l'esclavage qui les attend plus tard, déjà
obligés d’écouter les sermons des pédagogues officiels du régime
trente heures par semaine. Manquait plus que les flics, venus leur
faire « acquérir les bons réflexes et assimiler les bonnes
attitudes en cas de mauvaises rencontres », rien que ça.
Mais fini de rire. Pensons
par nous-mêmes un instant au moins et reprenons l'angle de vue qui
est le nôtre, et pas celui que nous inculque l'arsenal éducatif et
médiatique du pouvoir. Les mauvaises rencontres auxquelles nous
sommes confrontés quotidiennement, ce sont bien les rencontres avec
la flicaille, ses contrôles permanents, son ordinaire violence, ses
caméras rivées sur nous, ses coups de flashballs dans la gueule,
ses insultes et ses assassinats (qu'ils soient tolérés ou non par
la légalité). Loin de nous l'idée de nier le cannibalisme social
qui pourrit tout autant nos vies, cette guerre aveugle entre pauvres
et misérables pendant que la bourgeoisie attend patiemment dans les
gradins de pouvoir nous dégager à coups de flic et de fric.
Mais nous souhaitons poser
une question simple : dans un monde sans fric, sans valeur économique
et sans concurrence entre les individus et les groupes sociaux, qui
volerions-nous ? Se poser les bonnes questions, c'est identifier
l'ennemi, c'est comprendre l'autorité afin de la détruire. Ne
vois-tu pas, au bout de ce labyrinthe, la liberté qui nous tend la
main ?
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