Pour télécharger ce numéro au format PDF, cliquez sur l'image ci-dessus.
Pour lire le bulletin texte par texte sur ce site, cliquez sur Numéro 14 en haut de cette page.
Affichage des articles dont le libellé est Numéro 14. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Numéro 14. Afficher tous les articles
La fête, c'est quand leur société se pète la gueule !
Il y a longtemps que les origines
religieuses de Noël ne préoccupent plus grand monde (et tant
mieux), et pourtant, le rôle de soupape de cette fête lui a
conservé une place de choix
dans le calendrier : les fêtes de fin d'année, ce sont des
moments qui nous donnent l'illusion de pouvoir oublier le quotidien
chiant à mourir, en cassant pour quelques jours la routine
métro-boulot-dodo, en noyant la monotonie dans du vin chaud et des
paquets colorés. Avec la magie de Noël sensée rassembler tout le
monde, au-delà des classes et des hostilités, on oubliera presque
l'arnaque de nos vies que sont les politiciens et autres
gestionnaires de l'ordre et de la misère, on sera content de
voir le président nous souhaiter un Joyeux Noël, dans un climat
proche d'une « union nationale » sous le drapeau de la
consommation. Les guirlandes lumineuses et les sapins dans la rue
nous feront oublier pour quelques semaines la laideur de la ville (ou
l'accentueront...), les vitrines remplies et les publicités nous
feront croire que le bonheur se trouve à portée de porte-monnaie.
Noël n'est que la fête de la
consommation, une occasion en
or pour cette société de rendre les pauvres encore plus pauvres
(mais bon, c'est pour la croissance !). On voudrait nous faire
croire qu'un cadeau, plus il est cher, plus il fait plaisir... pour
vider les porte-monnaie et remplir les poches de mille gadgets
inutiles qui seront déjà démodés dans trois mois, et qui
tenteront de nous faire croire qu'avec eux disparaîtront la
solitude, l'isolement, la misère affective et relationnelle,
l'ennui, en bref le manque de Vie...
On n'a pas besoin de dépenser pour
s'amuser, tout ce qu'on offrira ce sera notre haine de la marchandise
et de l'exploitation qui nous empêchent de vivre libres.
Pas de vacances pour la rebellion !
PS : pour calmer ta nausée face à
toute cette merde, sache que le dernier score pour la nuit du nouvel
an 2013 est de 1193 voitures cramées en France, dont 209 en région
parisienne... record à battre ! (et attention aux flics en
surnombre ce soir-là)
Brèves - décembre 2013
•Wesh professeur !•
Mercredi 13 novembre devant le lycée Le Corbusier
d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), des lycéens en grève (cf. Lucioles n°13) ont incendié des
poubelles et il y a eu des jets de cocktails Molotov. Une voiture a également
été incendiée sur le parking des profs. La veille, de similaires joyeusetés ont
eu lieu devant un autre établissement du département, au lycée Paul-Eluard, à
Saint-Denis, en marge d’une manifestation pour l’arrêt des expulsions de
sans-papiers. A Nanterre, une dizaine de jours plus tard, c’est carrément le
proviseur du lycée Joliot-Curie qui s’est pris des mandales dans la
gueule ! Quelques heures plus tard, des bouteilles d’acide sont balancées
sur les keufs et une supérette du centre-ville est pillée, des poubelles sont
enflammées et une voiture toute proche a échappé de peu au même sort. Quelle
fantastique et rebelle vivacité !
•Brûlent les frontières et les taules... •
Un
utilitaire de la Croix-Rouge, l’un des principaux gestionnaires de prisons pour
étrangers, part en fumée rue des Montiboeufs dans le XXe, la nuit du 6 novembre
2013. Lundi 9 décembre, c'est le tour d'une camionnette de Vinci (constructeur
de taules et de centres de rétention) qui crame rue Haxo dans le XXe. Et la
nuit du 12 au 13, un magasin Bouygues (également constructeur de prisons) a eu
sa vitrine défoncée et sa porte éventrée rue Lepic (XVIIIe). Faut croire
qu'enfermer n'est pas de tout repos.
•Evasions Awards 2012•
Un rapport des collabos
intervenant dans les centres de rétention en France révèle qu’en 2012, il y a
eu au moins 58 évasions dont une quinzaine en région parisienne. Début décembre, deux retenus du CRA du Mesnil-Amelot ont
essayé de s'enfuir. Pas de bol, ils ont été rattrapés après avoir escaladé le
grillage. L'un des deux, blessé, a fini à l'hosto, pour l'autre retour au
centre de rétention. On croise les doigts pour le prochain essai !
•Et PAF le DAB !
•
Mardi 12 novembre vers 7h45 près de La Défense
(Hauts-de-Seine), un distributeur automatique de billets (DAB) de la Poste du quartier
du Faubourg de l’Arche a été détruit à l’explosif. Les habitants de l’avenue
Puvis de Chavannes ont été surpris par une forte détonation et des riverains
ont vu repartir deux hommes cagoulés sur un scooter ou une moto. Mais qui peut
bien être assez fou pour en vouloir aux banques ?! ...se demande la
police.
•Briser les briseurs
de grèves•
Un bus du réseau TICE (Transports Intercommunaux Centre
Essonne) a été incendié jeudi 14 novembre au soir et son chauffeur a été
agressé. Mais remettons bien les choses en place : ce chauffeur
syndicaliste de droite avait décidé de travailler tandis que la majorité de ses
collègues étaient en grève. Alors pas de pitié pour les jaunes !
•All Cops Are
Bastards ! •
Le 17 novembre dernier, des policiers municipaux de Corbeil
(Essonne), en patrouille dans le quartier des Tarterêts, ont essuyé cinq tirs
de carabine à plombs. Les tireurs étaient vraisemblablement embusqués dans les
étages des immeubles voisins. L’un des schmidts a été trop légèrement touché à
l’aine par l’un des projectiles. En revanche, la voiture a été criblée de
billes de plomb. Quelques jours plus tard, à la Courneuve (Seine-Saint-Denis),
un policier qui intervenait dans un immeuble non loin du centre ville a été
blessé au visage par des tirs de grenaille. Ce flic de la PJ, en poste sur un
autre département, était en opération pour retrouver un suspect. Alors qu’il
tambourinait aux portes, l’une s’est ouverte et un homme lui a tiré dans sa
sale gueule avec un pistolet à grenaille, le blessant à l’œil. Il ne s’agit pas de l’homme qui était
recherché. Agé de 68 ans, il a été interpellé. La pref' nous raconte :
« L’hypothèse d’un tir provoqué par la panique n’est pas exclue »
[rires].
•All Matons Are
Bastards ! •
Un gardien de la prison de Liancourt (Oise) a été agressé
mercredi dans l’enceinte de l’établissement. Entraîné dans la cellule d’un
détenu, après la promenade, il a été roué de coups par trois prisonniers.
Bilan, 21 jours d’arrêt de travail et 15 jours d’ITT. Le matin même, un autre détenu, après un
refus de parloir, avait craché sur un autre surveillant, tout en s’emparant
d’une poêle pour en découdre.
•Soutane
cherche tatane ! •
Belleville,
5 décembre : quelques ados s'amusent dans la cour de l’église
Saint-Jean-Baptiste. Des poubelles sont renversées, ce qui ne plaît pas à deux
prêtres. Au lieu de tendre l'autre joue, ces curetons appellent les flics. Les
deux corbeaux commencent aussi à photographier les ados, qui réagissent. Deux
gars (dont un de 13 ans) finissent en garde à vue. Les prêtres ont porté
plainte et disent avoir été molestés par les jeunes (tiens, d'habitude c'est le
contraire !).
•Ibrahim,
enfin dehors ! •
Ibrahim
(Cf. Lucioles n°8) avait été condamné pour sa participation supposée à
l’évasion du 16 décembre 2012 au CRA de Palaiseau (4 personnes dans la nature).
En appel, il avait écopé d'un an de taule, arrivant donc en fin de peine le 4
décembre. Mais de la prison de Fleury Mérogis, il a été emmené directement...
au CRA du Mesnil-Amelot ! Voilà le cercle vicieux auquel le pouvoir
destine ceux et celles qui n'ont pas ses papiers. Heureusement, enfin,
le 9 décembre, il a été relâché sur un vice de procédure (mais il a toujours
une Interdiction de Territoire jusqu'à fin 2015). Bonne chance !
Anarchistes vs. Police : nous ne voulons pas de leur guerre privée
En ce
lundi 25 novembre 2013, alors que nous diffusions comme plusieurs fois par
mois le bulletin anarchiste Lucioles aux alentours de la station de
métro Belleville, deux chiens de garde de la B.S.T
ont commencé à nous renifler, comme souvent depuis quelques mois. Cette
fois-ci, après s’être entretenu au talkie pendant quelques minutes à
propos de ces anarchistes, l’un d’eux a une idée géniale, Tony notre
plus grand fan (petite taille, brun et petit bouc noir), accourt vers un
sac contenant des bulletins et essaye immédiatement de s’en emparer.
Mais, les compagnons ne laissent pas faire et résistent à ce vol à la
tire en maintenant le sac. S’ensuit une épreuve de force jusqu’à ce que
les flics réussissent à l’arracher. Leur prétexte ésotérique : le plan
vigipirate. Il s’agirait d’un sac abandonné, un colis suspect (alors
qu’il se trouvait à nos pieds), et donc, les bleus utilisent ce prétexte
pour faire un contrôle d’identité et tenter (sans succès) d’interrompre
la diffusion.
Les compagnons refusent de donner leur
identité. En l’espace de vingt minutes, c’est une vingtaine de flics qui
nous encerclent et le ton monte. Un attroupement se forme rapidement
autour de nous, les gens sont solidaires, mais les flics sortent les
gazeuses, ce qui ne dissuade pas les solidaires de venir récupérer des
bulletins dans nos mains. La diffusion continue d’ailleurs, à d’autres
sorties du métro, pendant que trois compagnons sont isolés par les flics
pour procéder à un contrôle. Pendant le contrôle, les flics sont très provocants, avec des
remarques racistes, des remarques incompréhensibles sur les parties
génitales et les sports de combat (sauf dans leurs esprits de petits
machos) et quelques bousculades. Une vieille dame exprime son soutien aux anarchistes du
quartier, et aux cris de "vive l’anarchie", le contrôle continue une
vingtaine de minutes.
Mais ce contrôle ne sort pas de nulle part :
Ce communiqué n’a pas pour but de provoquer l’indignation citoyenne ni de se plaindre, mais de sortir de la logique que l’ennemi cherche à faire prévaloir : une guerre privée entre eux et nous. Car nous nous foutons bien d’eux, et c’est aux habitants du quartier avec qui nous partageons ce journal depuis plusieurs années que nous souhaitons dialoguer, en espérant partager bien plus que la belle mais banale haine du flic. Ceux et celles qui se mangent la même répression que nous, et qui se reconnaissent potentiellement en nous comme nous nous reconnaissons en eux et en elles.
A un moment, l’un des flics nous encerclant sort une gazeuse, un des compagnons gueule alors aux badauds présents sur place que les flics commencent à sortir leurs armes, le flic répond en disant au compagnon que lui aussi était en possession d’armes en montrant les bulletins qu’il avait dans ses mains. Effectivement, si leurs gazeuses ne peuvent que nous brûler les yeux, nous espérons bien que nos idées puissent quant à elles mettre devant les yeux de chacun les nombreuses possibilités d’attaquer ce monde à brûler, car c’est la guerre sociale que nous voulons.
Tout continue, vive l’anarchie.
Mais ce contrôle ne sort pas de nulle part :
- Les correspondants de nuit, ces agents de proximité de la guerre aux pauvres, dont le boulot répressif est depuis longtemps souligné en divers endroits (Cf. ce tract), se sont d’abord essayés au harcèlement pour empêcher diverses activités anarchistes (tables, collages, diffusions...) dans le quartier, tentant eux aussi à l’occasion le contact physique et la guerre privée contre le bulletin Lucioles et les anarchistes de Belleville. Cela est passé entre autres par une plainte contre le tract mentionné plus haut, pour "diffamation publique envers des fonctionnaires" (Cf. Rien à déclarer et Toujours rien à déclarer).
- Au début de l’été dernier, trois compagnon/nes se font embarquer au commissariat du 19e suite à un collage pour un contrôle d’identité, des auditions et des prises d’empreintes et d’ADN auxquelles les compagnons se sont refusé/es, afin de ne pas participer à leur propre fichage et de ne pas faciliter le travail des flics. Le nom de Lucioles revient régulièrement pendant les auditions.
- Dans la nuit du 11 au 12 novembre, deux compagnon/nes se font serrer dans le quartier après avoir posé des tags, comme par exemple sur une église ("Bouffe ta morale et ta soutane") et sur une école ("Nique la carrière, vive la buissonnière"). Un peu moins de 24 heures de garde-à-vue où les compagnon/nes se refusent à toute déclaration, ainsi qu’aux relevés signalétiques. L’un des deux est convoqué au tribunal pour mi-janvier.
- Dans l’après-midi du 17 novembre, un collage part en embrouilles avec un vieux porc raciste, gardien d’immeuble de l’A.R.E.P.A. (au niveau du 11, Rue de Belleville). Cette vieille canaille, notoirement détestée dans le quartier pour emmerder les SDF du coin, qui tente à chaque fois d’empêcher les collages à cet endroit, bute cette fois sur une réponse physique, il est alors aidé par une poucave qui saisit un des compagnons pour le livrer aux flics. La cavalerie débarque en nombre, appelée par le porc, en sortant la grosse artillerie du maintien de l’ordre (CRS, BST et compagnie, équipés de gazeuses, flash-balls, matraques). Un compagnon fera alors 24 heures de garde-à-vue, et tout le matériel est saisi. Comme à chaque fois, le compagnon ne collaborera pas, refusant les déclarations et la signalétique.
Ce communiqué n’a pas pour but de provoquer l’indignation citoyenne ni de se plaindre, mais de sortir de la logique que l’ennemi cherche à faire prévaloir : une guerre privée entre eux et nous. Car nous nous foutons bien d’eux, et c’est aux habitants du quartier avec qui nous partageons ce journal depuis plusieurs années que nous souhaitons dialoguer, en espérant partager bien plus que la belle mais banale haine du flic. Ceux et celles qui se mangent la même répression que nous, et qui se reconnaissent potentiellement en nous comme nous nous reconnaissons en eux et en elles.
A un moment, l’un des flics nous encerclant sort une gazeuse, un des compagnons gueule alors aux badauds présents sur place que les flics commencent à sortir leurs armes, le flic répond en disant au compagnon que lui aussi était en possession d’armes en montrant les bulletins qu’il avait dans ses mains. Effectivement, si leurs gazeuses ne peuvent que nous brûler les yeux, nous espérons bien que nos idées puissent quant à elles mettre devant les yeux de chacun les nombreuses possibilités d’attaquer ce monde à brûler, car c’est la guerre sociale que nous voulons.
Tout continue, vive l’anarchie.
Quelques contributeur/ices de Lucioles.
Fronde ?
Ces derniers temps, dans certaines
régions ça bouge, ou plutôt ça bloque. Une certaine colère
diffuse prend la forme d'une fronde anti-gouvernement, notamment à
travers l'opposition à des nouvelles taxes. Au
premier coup d’œil quelque peu superficiel, certaines pratiques
peuvent sembler sympas. Ainsi, durant la première quinzaine de
novembre, la protestation contre l'écotaxe a causé à l’État une
dizaine de millions d’euros de frais, avec une centaine de radars
routiers, quatre portiques écotaxe et une vingtaine de bornes
détruits. L'ennemi est attaqué, on en sourit. Mais gare à ce que
nos sourires ne tournent pas à l'amertume. L'ennemi de mon ennemi
n'est pas forcément mon ami. Aussi le petit entrepreneur s'oppose
parfois à l’État. Mais pour lui il s'agit de l’État qui lui
prend de l'argent sous forme de taxes et d'impôts. Pour
l'entrepreneur, le flic et le juge seront toujours des amis :
ils sont là pour le défendre, lui et sa thune, des barbares. C'est
nous les barbares, ceux pour lesquels les flics sont là. Ceux que le
pouvoir et les patrons cherchent à soumettre à leur chantage, à
exploiter, acheter et vendre, enfermer, tabasser, tuer.
Le
mouvement des « bonnets rouges » bretons et ses
imitateurs, les transporteurs, les agriculteurs, les boutiquiers, ce
sont pour la plupart de petits entrepreneurs qui craignent de voir
leurs affaires étouffées ou encore des salariés plus royalistes
que (leur) roi. Du fait qu'en ce moment on trouve les salopards de
gôche au pouvoir, la droite fait son beurre avec cette
« contestation ». Contestation de quoi ? D'un monde
qui est une prison, de l'exploitation, de la misère, de l'autorité ?
Bien sûr que non. Gauche ou droite, extrême ou pas, ils sont pour
le maintien de ce monde ; ils se disputent sur des détails afin
de s 'arracher des fauteuils. Cette fronde anti-gouvernement
défend le droit de produire, de travailler (et d'en faire travailler
d'autres), de faire du fric. En Bretagne il y a en rab une
nauséabonde ritournelle nationaliste.
Un
radar routier est facile à attaquer et coûteux pour l’État, il
est donc une bonne cible. Mais les destructions de radars et
structures liées à l'ecotaxe, en ce moment et en tant que cibles
uniques, en disent beaucoup sur les perspectives clairement
réactionnaires de leurs auteurs anonymes. Il s'agit en effet d'une
opposition non à l’État, mais à un certain État (ou plus
précisément à l'actuel gouvernement de l’État), non à
l'exploitation, à l'autorité, à tout ce monde, mais à une
certaine gestion de ce monde. Non au contrôle et à la répression
étatiques de nos vies, mais à ce qui empêche quelques uns de
s'enrichir encore plus ou d'appuyer sur l'accélérateur de leurs
grosses voitures sans craindre des amendes....
On
nous dit que les taxes vont avoir des effets négatifs sur l'emploi.
D'accord ; on a justement pas envie de travailler. Et les
préoccupations des patrons, grands, moyens ou petits, ne sont pas
les nôtres ; pas plus que celles des gouvernants, de droite ou
de gauche. Car leur intérêt sera toujours de nous garder sous leur
joug. Notre intérêt à nous, les exploités, c'est de briser nos
chaînes. Pas avec des lois, pas en choisissant une mafia politique
plutôt qu'une autre, mais bien en renversant pour de vrai toute
autorité.
Est-ce
que ces petits feux réacs seraient peut-être le signe d'une colère
plus profonde, potentiellement explosive et libératrice ?
Peut-être, mais pour l'instant ils restent une fronde bien biaisée,
porteuse d'oppression. Notre pari n'est pas sur le boutiquier qui
défend son affaire, mais sur tout/e sauvage/onne qui n'a rien à
perdre et n'en peut plus d'un monde d'affaires. Qui rêve de la
liberté. Et qui entend passer personnellement à l'action.
La vie est courte, soyons sauvages !
« Les temps sont durs », « toujours les mêmes qui trinquent », « Mais qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu ? »
Et bla et bla et blablabla. Toujours la même chansonnette qui déborde des comptoirs et des turbins. Tout le monde a son mot à dire sur le désastre routinier qui nous frappe tous, chacun a sa petite idée pour une meilleure gestion du pays, mais personne ne met véritablement la main à la pâte. Et puis ça va voter, se résigner et voter encore. Que le bâton se nomme PS, UMP, FN ou Front de Gauche, qu’est-ce que ça change en vrai ? La carotte sera toujours la même… Alors on attend, on se dit que les mauvais jours finiront, qu’un miracle est en gestation quelque part aux tréfonds de l’univers, qu’un homme politique providentiel viendra nous sauver de ce merdier, le messie, l’apocalypse, que l’argent nous offrira cette liberté à laquelle nous n’avons jamais goûté, que des alternatives nous permettront de vivre en-dehors de ce monde, qu’il y aura un ailleurs où guérir d’ici, un paradis futur pour oublier l’enfer du quotidien, de ces oppressions routinières qui se nomment travail, contrôle, enfermement et frontières.
Et bla et bla et blablabla. Toujours la même chansonnette qui déborde des comptoirs et des turbins. Tout le monde a son mot à dire sur le désastre routinier qui nous frappe tous, chacun a sa petite idée pour une meilleure gestion du pays, mais personne ne met véritablement la main à la pâte. Et puis ça va voter, se résigner et voter encore. Que le bâton se nomme PS, UMP, FN ou Front de Gauche, qu’est-ce que ça change en vrai ? La carotte sera toujours la même… Alors on attend, on se dit que les mauvais jours finiront, qu’un miracle est en gestation quelque part aux tréfonds de l’univers, qu’un homme politique providentiel viendra nous sauver de ce merdier, le messie, l’apocalypse, que l’argent nous offrira cette liberté à laquelle nous n’avons jamais goûté, que des alternatives nous permettront de vivre en-dehors de ce monde, qu’il y aura un ailleurs où guérir d’ici, un paradis futur pour oublier l’enfer du quotidien, de ces oppressions routinières qui se nomment travail, contrôle, enfermement et frontières.
Mais
trop de mots, trop de gesticulations inutiles, la vie est trop courte
pour tout cela, il faut maintenant faire exploser les barbelés qui
entourent nos imaginaires, il faut passer à l’attaque.
Ceux qui sont responsables de cette société carcérale sont de même constitution, ils sont faits de chair et de sang, ont des noms et des adresses, leurs structures sont au coin de la rue. Qu’ils construisent les prisons prévues pour nous mater, qu’ils y travaillent, qu’ils participent à notre misère en nous rackettant des loyers, en nous faisant trimer, en nous prenant pour des cons, en essayant de nous domestiquer. Tous voient bien qu’il nous suffirait pour changer le cours des choses de faire le constat que la vie est bien trop courte pour y passer son temps à courber l’échine. N’y-a–t-il que les dominés pour ne pas s’en rendre compte ?
Alors oui, la vie est courte, trop courte pour cet ennui abyssal, pour cette vie de misère sous le soleil noir de la domination, les pieds embourbés dans le sol froid du capitalisme. Qu’au moins elle soit intense et d’une sauvage vivacité. Qu’au moins nous nous libérions de la résignation et de la peur que nous impose ce monde.
[in italiano]
Ceux qui sont responsables de cette société carcérale sont de même constitution, ils sont faits de chair et de sang, ont des noms et des adresses, leurs structures sont au coin de la rue. Qu’ils construisent les prisons prévues pour nous mater, qu’ils y travaillent, qu’ils participent à notre misère en nous rackettant des loyers, en nous faisant trimer, en nous prenant pour des cons, en essayant de nous domestiquer. Tous voient bien qu’il nous suffirait pour changer le cours des choses de faire le constat que la vie est bien trop courte pour y passer son temps à courber l’échine. N’y-a–t-il que les dominés pour ne pas s’en rendre compte ?
Alors oui, la vie est courte, trop courte pour cet ennui abyssal, pour cette vie de misère sous le soleil noir de la domination, les pieds embourbés dans le sol froid du capitalisme. Qu’au moins elle soit intense et d’une sauvage vivacité. Qu’au moins nous nous libérions de la résignation et de la peur que nous impose ce monde.
Prendre sa vie en main, c’est attaquer tous les pouvoirs !
Pour un monde sans Etat ni argent
Pour l’insurrection
Pour l’anarchie
[Affiche trouvée sur les murs de Paris, novembre 2013.]
[in italiano]
Inscription à :
Articles (Atom)




